
Holographique
Matériau à l'aspect arc-en-ciel et psychédélique.
Des gribouillages surréalistes, un humour gênant et beaucoup de cœur. Installé à New York, l'artiste Danny Casale, alias Coolman Coffeedan, a construit un univers où l'animation ratée est tout l'intérêt, et où se sentir compris est la récompense.
De sa première animation devenue virale sur internet à ses expos dans le monde entier, son travail prouve que des dessins simples peuvent porter de grandes émotions.


Installé à New York, l'artiste Danny Casale, plus connu sous le nom de Coolman Coffeedan, a attiré l'attention d'internet pour la première fois en 2017 avec une animation faussement simple, Snakes Have Legs. Ce petit cartoon absurde et dessiné à la va-vite est vite devenu un phénomène, et le signe clair que Danny tenait quelque chose de spécial.
Se décrivant lui-même comme un « Bad Animator », Danny a totalement assumé l'imperfection. Ses animations surréalistes, son timing maladroit et ses personnages volontairement simples tranchent avec les contenus léchés qui suivent les tendances. En misant sur la sincérité plutôt que sur le vernis, son travail a touché des centaines de millions de personnes dans le monde, qui ont ri, pleuré et se sont senties comprises sans s'y attendre.
Sur des réseaux sociaux souvent dominés par la négativité, l'objectif de Danny est devenu clair : égayer le fil d'actu des gens et leur rappeler qu'ils ne sont pas seuls. Avec le temps, son travail est devenu plus que du contenu. C'est devenu un univers, peuplé de drôles de petits personnages, de chutes pleines d'émotion et d'une douce obstination qui finit toujours par revenir.
Aujourd'hui, cet univers dépasse largement l'écran. Danny a exposé aux États-Unis et en Asie, avec de récentes expos à Shanghai, Hong Kong et Séoul, et même un parc de sculptures public. Dans cette interview, on parle créativité, dessins moches faits exprès, construction d'un univers plutôt que course aux tendances, et des raisons pour lesquelles les stickers sont, en gros, de minuscules billboards pour son monde.



StickerApp : Salut Danny, notre ami sticker de longue date ! Merci d'avoir créé la carte de remerciement de février pour nous ! Parlez-nous de votre jumeau créatif, Coolman Coffeedan. Et au fait, c'est qui, Spesh ?
Danny : Merci, les amis ! Je suis Danny Casale, mais beaucoup de gens me connaissent sous le nom de Coolman Coffeedan. Spesh est en gros ma mascotte intérieure : la petite créature un peu gauche, douce et têtue dans ma tête, qui revient toujours pour créer quand même.
Mon plus grand rêve, c'est de continuer à construire mon univers pour qu'il paraisse réel. Pas juste du contenu, mais un monde dans lequel on peut entrer. C'est ce que j'ai fait récemment avec mon parc de sculptures public à Hong Kong et mes expos à Shanghai (plus d'infos sur ces projets ici). Je veux que mes personnages continuent d'évoluer à travers l'animation, les produits physiques, les installations et les expériences. Au bout du compte, je veux faire rire les gens, qu'ils se sentent compris et un peu moins seuls.
StickerApp : Waouh, génial ! Quand et comment votre parcours créatif a-t-il commencé ?
Danny : Ça a commencé à l'école, je gribouillais sur tout ce qui me passait sous la main. J'étais obsédé par l'idée qu'un dessin pouvait être « moche » exprès et quand même faire rire mes potes.
Des années plus tard, j'ai trouvé comment faire bouger mes gribouillages, et c'est devenu des animations. Des petits clips dessinés à la main, avec un timing bancal, des voix bizarres et des personnages qui ressemblaient à de minuscules antennes émotionnelles. Publier régulièrement sur internet m'a appris ce qui marchait, ce qui ne marchait pas et, surtout, ce qui me ressemblait.
StickerApp : Incroyable ! Y a-t-il eu un moment décisif qui a tout changé dans votre carrière ?
Danny : Le premier vrai tournant, c'est quand une de mes premières animations est devenue virale. Ma toute première animation, « Snakes Have Legs », a été un énorme moment. Elle ne m'a pas seulement apporté de la visibilité, elle m'a montré clairement ma voie : des dessins simples, une logique absurde et, en dessous, une quantité surprenante de cœur et d'histoire.
C'est là que j'ai compris : je ne fais pas juste des « cartoons ». Je construis une voix… et cette voix peut devenir tout un univers si je continue à m'exprimer à travers ce médium.
StickerApp : On adore l'animation du serpent ! Qu'est-ce qui vous motive en tant qu'artiste, et quelles sont vos plus grandes inspirations ?
Danny : Ce qui me motive, c'est le sentiment qu'il y a toujours une version plus sincère de l'idée cachée sous la version léchée. J'aime le travail qui a l'air facile, mais qui est en secret très réfléchi.
Côté inspiration, je suis obsédé par le comportement humain (la gêne, l'ego, la tendresse, la panique, l'amour), l'absurde et la « logique bête » qui devient profonde par accident, le character design simple à l'ancienne… Et franchement, la comédie de tous les jours qu'est le fait d'être en vie. La plupart de mes meilleures idées viennent du moment où je remarque un petit truc et où j'en fais un moment de personnage.
StickerApp : Tellement vrai ! Quel est votre conseil numéro un pour celles et ceux qui se lancent dans leur parcours créatif ?
Danny : N'attendez pas pour publier votre création sous prétexte qu'elle n'est pas « assez bien ». Votre style se révélera à force de répétition, pas de planification. Si vous arrivez à faire un petit truc chaque jour (ou chaque semaine) et à vraiment le publier, vous progresserez plus vite que quelqu'un qui essaie de peaufiner un grand chef-d'œuvre. Et protégez votre voix. Les tendances font du bruit, et c'est facile de se laisser distraire. Concentrez-vous sur vos idées, celles qui vous ressemblent vraiment.
StickerApp : Rien de plus vrai ! Comment définiriez-vous votre style, et quelles sont vos techniques préférées ?
Danny : Mon style est minimaliste, imparfait et émotionnel, avec l'humour comme moyen de transmission. Les dessins sont volontairement simples et un peu ratés… parce que dessiner comme ça, c'est juste plus fun pour moi.
Mes techniques préférées : un trait dessiné à la main pas trop propre, assumer les erreurs et les imperfections, l'animation limitée et les couleurs vives… un peu comme les cartoons à l'ancienne, pleins de peps. Plus ça fait gribouillis, mieux c'est.


StickerApp : Trop bien ! Parlez-nous du design de votre carte de remerciement. Qu'est-ce qui vous a inspiré ?
Danny : Février, c'est le mois de l'amour et du romantisme grâce à la Saint-Valentin, ou de la fête des célibataires, selon ce qui vous parle le plus. Je me suis inspiré des mots doux qu'on se faisait passer en classe au lycée… avec les gribouillages, le bloc-notes jaune et tout le reste ! Il y a quelque chose de tellement innocent et pur dans un crush à l'école. Je voulais capturer cette vibe et y mettre ma touche Coolman !
StickerApp : Trop mignon ! Comment utilisez-vous les stickers pour votre activité et votre marque personnelle, et quel est votre matériau préféré ?
Danny : Les stickers, c'est en gros de minuscules billboards pour mon monde. Ils sont abordables, collectionnables et ils voyagent. Je les utilise dans mes colis et pour mes petits mots de remerciement, en freebies pour les fans qui me soutiennent depuis toujours, et je les colle dans les villes où je vis ou que je visite. C'est aussi une façon cool de laisser les personnages s'échapper de l'écran pour débarquer dans la vraie vie.
J'adore les stickers qui ont l'air de pouvoir survivre à la vraie vie : un truc que vous pouvez coller sur un ordi, une gourde, un panneau de rue ou un carnet de croquis, et qui reste nickel. Je choisirais du vinyle résistant, du holographique avec des effets personnalisés, ou des stickers transparents pour tout ce qui doit avoir l'air de flotter sur la surface. Mes différents personnages appellent différents types de matériaux.
StickerApp : Pourquoi avez-vous choisi StickerApp comme partenaire stickers ?
Danny : Mon art vit ou meurt selon la qualité du trait et la fidélité des couleurs… et StickerApp assure sur les deux à chaque fois. J'adore aussi avoir la liberté de tester différents matériaux et découpes sans que ça devienne compliqué. En plus, travailler avec leur équipe, c'est un rêve. Le résultat final fait premium, tout en restant ludique… exactement ce qu'est ma marque.
StickerApp : Merci pour ce super retour ! Quels sont vos objectifs pour la suite ?
Danny : En plus d'agrandir l'univers sans le diluer… je veux faire un long métrage pour raconter mes histoires autrement. J'ai une formation en cinéma, et j'ai vraiment envie de trouver des façons d'intégrer davantage mon art à des formats narratifs plus longs.
Merci Danny, et continuez comme ça ! Pour suivre Coolman Coffeedan, rendez-vous sur son Instagram, @coolman_coffeedan, ou sur son site web.
